Hydrelect

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Les GES en France (Considérations sur l'énergie)



Les gaz à effet de serre en France, tentative de bilan

Logements et transports, mais aussi alimentation et loisirs : la plus grande partie
de nos activités génèrent des gaz à effet de serre.

      La taxe carbone, qui devrait entrer en vigueur l'an prochain (2010), prévoit une taxation sur toutes les énergies fossiles, proportionnelle à la quantité de carbone émise par leur combustion. Ainsi, l'augmentation du prix du gaz sera inférieure à celle du fioul, celle de l'essence à celle du diesel. Cette mesure vise donc à modifier les comportements dans le domaine des transports (limiter l'usage de la voiture, en particulier pour les petites distances, favoriser les transports en commun...) et du logement (diminuer la température d'intérieur, développer l'isolation...).
      Ces deux domaines sont en effet les deux premiers postes d'émission de gaz carbonique en France, avec respectivement 27 % et 24 % du total, devant l'industrie(20 %) et l'agriculture (14 %). Mais si l'on considère l'ensemble des gaz contribuant à l'accroissement de l'effet de serre , en ne s'arrêtant plus au seul gaz carbonique, l'ordre est bouleversé. C'est l'agriculture qui, cette fois, arrive en tête avec 26% du total, devant le transport, le logement et l'industrie,  se  situant  chacun  aux alentours de 20 %.
       En quoi l'agriculture contribue-t-elle au réchauffement de la planète ? Il y a bien sûr la consommation en fioul des quelques 2 millions de tracteurs que compte le pays, à l'origine de l'émission de gaz carbonique. Mais il y a aussi et surtout les émissions de méthane liées à l'élevage. On pourrait croire les flatulences émises par les ruminants, lors de la digestion, insignifiantes, à tort. Avec 20 millions de bovins, l'élevage représente les deux tiers de l'émission de méthane en France. Et pour nourrir ce cheptel, il faut des cultures, dont les engrais sont à l'origine du protoxyde d'azote, autre gaz à effet de serre important. Si l'on y ajoute la consommation d'énergie nécessaire à maintenir une chaîne du froid et transporter les produits, on arrive à une conclusion saugrenue : la seule alimentation est responsable du tiers des émissions de gaz à effet de serre en France.
Est-il possible d'agir sur ce poste ? Certainement. Les experts ont pu calculer la quantité de gaz à effet de serre émise par la production d'un kilogramme d'aliment. La gamme va de 0,1 kg d'équivalent carbone (une unité de mesure qui s'applique à tous les gaz à effet de serre) pour la farine à 10 kilogrammes pour le veau.
      Est-ce à dire que la lutte contre le réchauffement climatique implique de devenir végétarien ? Non. La volaille (0,5 kilogramme d'équivalent carbone) ou le porc (1 kilogramme) sont bien moins émetteurs que la viande rouge (5 kg pour le
boeuf).
      De plus les méthodes d'élevage peuvent être adaptées afin de limiter l'utilisation des engrais. Mais il est douteux
que la seule taxe carbone suffise à induire de tels changements culturels.
Nicolas Chevassus pour CCAS-infos